Colloque sur le statut du SPV

Colloque sur le statut du SPV

Notre modèle de sécurité civile est aujourd’hui mis sous tension entre problème d’effectifs et capacité à assurer les départs en proximité, renouvellement des équipements, accueil de nouvelles compétences, capacité d’investissement face aux défis de demain, etc… La Directive européenne du temps de travail ajoute dans ce contexte de l’incertitude.

Le volontariat est à la base de notre organisation, et depuis plus d’un an, j’ai engagé un travail transpartisan impliquant les différents groupes du Sénat afin de voir comment approfondir les dispositions de la loi Matras, dont d’ailleurs certaines tardent à se mettre en place. Dans ce cadre, j’ai déposé une proposition de loi visant à créer une réserve opérationnelle afin de consolider le volontariat notamment au regard des défis juridiques et opérationnelles suscités. Il s’agit aussi de conserver des compétences de pompiers quittant leur caserne à la suite de dévoiement pour raison ici personnelle, là professionnelle, …

Afin d’évoquer l’ensemble de ces enjeux, j’organise au Sénat un colloque accessible en présentiel (places limitées) mais aussi en distanciel afin de permettre aux habitants, pompiers, élus, de Maine-et-Loire engagés au service de notre sécurité de pouvoir le suivre.

RDV le 11 avril de 9H30 à 12H30.

Vous pouvez d’ores et déjà vous y inscrire à l’adresse suivante : k.duisant-stg@clb.senat.fr

Un amendement rejeté, mais une question essentielle : améliorer la gestion des crises à Mayotte

Un amendement rejeté, mais une question essentielle : améliorer la gestion des crises à Mayotte

Lors des débats récents, j’ai proposé un amendement visant à demander un rapport sur la gestion des crises à Mayotte. Bien que cet amendement ait été rejeté, il soulève une question cruciale : comment améliorer la réactivité et l’efficacité des secours face aux catastrophes naturelles dans ce territoire ultramarin ?

Une coordination à renforcer

L’une des premières problématiques identifiées concerne la coordination entre l’État, la préfecture et les collectivités locales. Une meilleure articulation des compétences est nécessaire pour éviter des lenteurs administratives et assurer une intervention efficace dès les premières heures d’une crise. C’est pourquoi j’ai suggéré la création d’une structure locale dédiée à la gestion des crises, directement reliée à la cellule interministérielle de crise de Paris.

L’anticipation, un levier indispensable

Le cyclone qui a frappé Mayotte a mis en lumière une faiblesse structurelle dans l’anticipation des secours. Un des constats les plus alarmants est le délai d’intervention des secours, arrivés 48 heures après la catastrophe. Il est impératif d’étudier la mise en place d’une réserve préventive de biens essentiels (eau, nourriture, matériel médical) pour garantir une distribution immédiate en cas de besoin.

Des effectifs insuffisants sur place

La crise a également révélé la dépendance excessive aux renforts métropolitains. Le renforcement des effectifs locaux, pompiers et forces de l’ordre, est crucial pour assurer une présence rapide sur le terrain. De plus, la mise en place d’une brigade spécialisée dans la gestion des catastrophes naturelles à Mayotte pourrait être une solution efficace pour adapter la réponse aux spécificités locales.

Un engagement des sapeurs-pompiers à clarifier

Un autre point fondamental concerne l’engagement des sapeurs-pompiers professionnels (SPP) dans les missions de renfort. Actuellement, leur mobilisation dépend de chaque Service d’Incendie et de Secours (SIS), entraînant des disparités importantes dans la comptabilisation du temps de travail. Certains doivent même poser des congés pour partir en mission ! Il est impératif d’harmoniser les règles au niveau national pour garantir un cadre juste et efficace.

Un rejet qui ne clôt pas le débat

Si mon amendement a été rejeté, la question reste plus pertinente que jamais. La gestion des crises ne peut se satisfaire de demi-mesures ou d’improvisations. Il est essentiel que l’État prenne ses responsabilités et engage une réflexion approfondie sur ces enjeux.

Je me retire de X

Je me retire de X

31 janvier 2025, mon dernier jour sur X : 

Depuis quelque temps, j’ai pris le temps de réfléchir à l’utilisation que je fais des réseaux sociaux, et en particulier de X, anciennement connu sous le nom de Twitter. Cette plateforme a longtemps été un espace privilégié pour échanger des idées, débattre de sujets importants auxquels nous sommes confrontés en tant qu’élus, et rester informé de l’actualité en temps réel. Cependant, les récentes orientations stratégiques et valeurs affichées par Elon Musk, son propriétaire, me conduisent à prendre une décision qui est celle de me retirer définitivement de cette plateforme.

Depuis qu’Elon Musk a pris les rênes de X, j’ai constaté une évolution qui s’éloigne des principes auxquels je tiens. L’accent mis sur la monétisation à outrance, les choix controversés en matière de modération de contenu, et le laisser-faire face à la propagation de désinformations, qui ne cessent de s’accroitre autour de discours de haine me posent un véritable problème éthique. Ces problèmes prennent une dimension politique particulièrement inquiétante lorsque l’on observe la facilité avec laquelle les théories complotistes prospèrent dans cette course aux « fakes news ». X semble devenir un vecteur privilégié pour ces dérives.

La présence accrue de théories complotistes, de propos discriminatoires ou d’attaques personnelles contribue à créer un climat anxiogène et contre-productif. X donne parfois l’impression de favoriser les discours les plus polémiques, au détriment de la rigueur scientifique et des initiatives constructives.

En tant qu’utilisateur, j’estime qu’il est important d’être en accord avec mes valeurs. Continuer à utiliser X reviendrait à cautionner, même de manière passive, des pratiques et des politiques qui vont à l’encontre de ce en quoi je crois, c’est à dire la bienveillance, le respect des opinions et la transparence. La déresponsabilisation évidente des dirigeants de X face aux conséquences sociales, politiques et écologiques de la désinformation est incompatible avec mes convictions profondes.

Je ne quitte pas les réseaux sociaux pour autant. D’autres plateformes offrent des alternatives plus respectueuses des utilisateurs et plus en phase avec mes convictions. Je continuerai à partager et échanger sur des espaces où la diversité des opinions est encouragée tout en étant encadrée par des règles éthiques solides. 

Cette décision n’a pas été facile à prendre, mais je crois qu’elle est nécessaire pour rester fidèle à mes principes. Quitter X, c’est aussi une manière de rappeler que les utilisateurs ont le pouvoir d’influencer l’avenir des plateformes en choisissant où et comment ils investissent leur temps et leur énergie.

François Bayrou déclare sa politique générale

François Bayrou déclare sa politique générale

Une déclaration de politique générale de François Bayrou déconnectée des réalités sociales : 

Le 14 janvier 2025, François Bayrou a présenté sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. Je ne peux que regretter le manque d’ambition et de cohérence de ce discours face aux défis majeurs qui pèsent sur notre pays.

Derrière des promesses de dialogue et de réformes équilibrées, le Premier ministre s’est contenté de reprendre des engagements flous qui peinent à répondre à l’urgence sociale et écologique. Ce n’est pas d’un ajustement que nous avons besoin, mais d’un changement de cap en faveur d’une véritable justice sociale.

Sur la transition écologique, les déclarations restent timides et manquent cruellement de mesures concrètes. Face à l’accélération du dérèglement climatique, la France ne peut plus se contenter de demi-mesures.

J’attendais des engagements forts, une véritable planification écologique, un soutien massif aux collectivités locales pour la rénovation énergétique ou encore une politique ambitieuse de mobilité durable. Malheureusement, ces sujets sont passés au second plan.

Quant au budget 2025, François Bayrou mise sur la rigueur budgétaire sans mesurer les conséquences sociales de cette orientation. Réduire le déficit public, oui, mais pas au détriment des plus fragiles ! L’austérité ne doit pas devenir la seule boussole de ce gouvernement.

Enfin, sa volonté de réformer les institutions avec l’introduction d’une dose de proportionnelle pourrait sembler être une avancée. Mais sans garantie d’un véritable renouvellement démocratique et d’un respect accru des droits du Parlement, cela risque de n’être qu’un simple effet d’annonce.

Aujourd’hui plus que jamais, j’appelle le gouvernement à écouter les Français, à entendre les territoires, et à construire des politiques publiques ambitieuses, justes et écologiques. Faute de quoi, nous serons nombreux à nous opposer fermement à cette politique déconnectée des réalités sociales et environnementales.

Pourquoi j’ai quitté l’hémicycle du Sénat

Pourquoi j’ai quitté l’hémicycle du Sénat

Le 2 décembre 2024, j’ai pris la décision de quitter l’hémicycle du Sénat. Ce geste n’était pas anodin. Il était avant tout un signal fort pour dénoncer une méthode de travail que je considère irrespectueuse du rôle du Parlement.

Alors que nous débattions du projet de loi de finances pour 2025, le gouvernement, avec le soutien du rapporteur général du budget, a demandé une seconde délibération sur plusieurs votes déjà adoptés. Cette procédure, bien qu’autorisée par le règlement, a été utilisée pour revenir sur des décisions importantes que nous avions longuement débattues et validées. 

J’ai eu le sentiment que l’on nous demandait, au dernier moment, de renier nos propres votes.

Face à ce que je considère comme un coup de force antidémocratique, j’ai choisi de quitter la séance. Ce départ était un acte de protestation contre cette manière de gouverner, qui méprise le travail des parlementaires et les échanges démocratiques.

Je reste fermement convaincu que le dialogue et le respect des institutions sont essentiels pour construire des politiques publiques justes et efficaces. Ce type de manœuvre ne fait que renforcer la méfiance des citoyens envers nos institutions.

Finances des collectivités locales

Finances des collectivités locales

Un rapport biaisé d’entrée

de jeu

Communiqué de presse

En Mars, Gabriel Attal commandait à la Cour des comptes un rapport pour « évaluer » la trajectoire financière des collectivités locales au regard de la loi de programmation des finances publiques 2023-2027. Pour rappel, cette orientation, sans aucun accord ni aucune discussion avec les collectivités, aboutissait à faire reposer sur les collectivités la moitié de l’effort de l’État, avec un volume d’excédents supplémentaires à réaliser à hauteur de 17Mds d’euros en 4 ans.

Cette trajectoire était biaisée d’entrée de jeu parce qu’impossible à tenir. Surtout, l’État est de nouveau pris en flagrant délit d’injonctions paradoxales.

Le cour de l’analyse est biaisé : pointer la hausse très importante des dépenses d’investissement par rapport à 2022 est un non-sens. Nous sommes précisément l’année du pic d’investissement, au mitan du cycle institutionnel. Elles augmentent cette année et c’est heureux : les collectivités, qui réalisent 75% de l’investissement public, demiers soutiens de nombreux secteurs économiques, tiennent donc leurs engagements pris devant les Électeurs.

Mais au-delà, l’État ne cesse d’adresser aux collectivités des injonctions paradoxales. D’un côté, il leur ordonne des dÉpenses nouvelles, de l’autre il leur reproche ces augmentations.

Reprocher la hausse des dépenses de fonctionnement témoigne bien d’une injonction paradoxale : hausse de l’électricité, des matières premières, mais aussi parce que l’État lui-même a décidé d’augmenter -à juste titre- le point d’indice, c’est-à-dire les salaires. Les dépenses sont surtout durablement à la hausse du fait de transferts de compétences à bas bruit: les préfectures demandent de créer ou étoffer les polices municipales, mettre en place des schémas de petite enfance, de faire face à la hausse sans précédent du nombre d’enfants placés, etc.

Reprocher la hausse des dépenses d’investissement témoigne là encore d’une injonction paradoxale : Elles augmentent également sur les 8 premiers mois de 2024. Mais comment ignorer que l’État, face au « mur d’investissement » pour financer la transition écologique et faire face au choc du vieillissement, demande précisement aux communes d’emprunter. « Elles ont des marges » dit-on à Bercy, à Matignon, à la Caisse des dépôts.

Qu’on s’entende bien : l’État est déficitaire parce que son budget n’est pas à l’équilibre. Les collectivités ont un budget équilibré, mais leur endettement, au sens des critères de Maastricht, apparaît comme un déficit dans les comptes consolidés de la France. Dit autrement, l’État d’un côté demande aux collectivités d’emprunter davantage, de l’autre côté il le leur reproche !

Plus fondamentalement, les disparités financières entre collectivités sont croissantes, les doublons avec l’État perdurent. C’est sur ces points que nous attendons que l’alliance minoritaire des libéraux et des conservateurs s’attaque pour améliorer l’efficacité de la dépense publique.